Voici à quoi ressemble la vie avec l'EB

Classification des EB

Nouvelle classification 2020 : résumé

L'épidermolyse bulleuse (EB) est un groupe de maladies génétiques rares se caractérisant par une peau anormalement fragile. Il en existe de nombreux types différents ; certains sont peu invalidants, tandis que d'autres peuvent être très invalidants, voire mortels.

Avec les progrès de la science, de nouveaux types sont reconnus en permanence. Différents noms ont été souvent utilisés pour le même type de maladie au fil des ans, ce qui a compliqué la compréhension et la reconnaissance de ces affections par les patients et les professionnels.

Un groupe international d'experts en matière d'EB se réunit régulièrement. Ils révisent la terminologie à la lumière des avancées scientifiques pour rendre les noms des maladies plus précis et plus pertinents.

Cette dernière version applique le système de la "peau d'oignon", qui aborde le diagnostic de l'EB par couches : niveau du décollement, caractéristiques cliniques, transmission héréditaire et mutation génétique.

Les catégories traditionnelles d'EB - EB simplex, jonctionnelle, dystrophique et Kindler - sont conservées, avec des modifications mineures. Dans le passé, les sous-types étaient souvent nommés d'après les médecins qui les avaient décrits pour la première fois, mais ces éponymes ont maintenant tous disparu, à l'exception du syndrome de Kindler.

Les bulles sont le marqueur caractéristique de l’EB, mais d'autres maladies génétiques où la fragilité de la peau se traduit par une peau qui pèle, des érosions ou une desquamation peuvent également causer de graves problèmes aux patients. La nouvelle classification aborde dès lors deux grandes catégories d'EB : "EB classique " & " Autres affections à peau fragile ".  Le groupe d'experts souhaite que ces affections " voisines de l'EB " restent adossées à l'EB afin que tous les patients à la peau fragile puissent bénéficier des traitements de l'EB en termes de qualité des soins et de remboursements.

Nous pensons que cette nouvelle approche sera utile aux patients, aux soignants et aux scientifiques.

Classification des EB (en bref)

Les EB sont divisées en quatre types principaux, en fonction du site cutané où les bulles apparaissent. Environ 20% des cas d'EB sont dystrophiques (EBD), 10% jonctionnels (EBJ) et 70% simples (EBS) ; le syndrome de Kindler est très rare. Les défauts génétiques de l'EB entraînent des altérations des protéines de la peau qui sont responsables de l’adhérence de la couche la plus externe de la peau  (l'épiderme ) à la couche la plus profonde (le derme). La transmission génétique des différents types d'EB est tantôt dominante, tantôt récessive. Il existe plus de 30 sous-types cliniques.

Une maladie appelée "EB acquisita", qui est sévère et dont les symptômes sont similaires à ceux de l’EBDR (dystrophique récessive), n'est pas classée comme EB car il s'agit d'une maladie auto-immune (acquise) dirigée contre le collagène VII et son traitement est différent de l'EB héréditaire.

 

EB dystrophique (EBD) 

EB jonctionnelle (EBJ)

EB Simple (EBS)

Syndrome de Kindler 

Mutations dans :
COL7A1 (100% de tous les cas)

Mutations dans :

LAMA3, LAMB3, LAMC2
COL17A1
ITGA6, ITGB4, ITGA3

Mutations dans :
KRT5 et KRT14 (75%)
PLEC, KLHL24, DST, EXPH5, CD151

Mutations dans :
FERMT1

Transmission récessive ou dominante

Transmission récessive

Surtout transmission dominante, rarement récessive

Transmission récessive

Bulles dans le derme (couche interne de la peau)

Bulles au niveau de la membrane basale

Bulles dans l’épiderme (couche supérieure de la peau)

Bulles possibles dans toutes les couches de la peau

11 sous-types cliniques

8 sous-types cliniques

70% de tous les cas EB
Décollement au-dessus de la membrane basale

Les muqueuses sont également atteintes
Photosensibilité
Très rare

1. Classification des épidermolyses bulleuses classiques (EB)

 

Niveau du décollement de la peau

Type d’EB

Transmission héréditaire

Gènes mutés

Protéines concernées

intra-épidermique (dans l’épiderme, la couche supérieure de la peau)

EB simple

dominante

KRT5, KRT14

kératine 5, kératine 14

 

 

 

PLEC

plectine 

 

 

 

KLHL24

kelch-like member 24

 

 

récessive

KRT5, KRT14

kératine 5, kératine 14

 

 

 

DST

BP230

 

 

 

EXPH5

exophiline 5

 

 

 

PLEC

plectine

 

 

 

CD151 (syn. TSPAN24)

CD151 antigen (syn. tetraspanin 24)

jonctionnel (au niveau de la membrane basale) 

EB jonctionnelle

récessive

LAMA3, LAMB3, LAMC2

laminine 332

 

 

 

COL17A1

collagène type XVII

 

 

 

ITGA6, ITGB4

intégrine alfa6 beta4

 

 

 

ITGA3

intégrine alfa3 subunit

dermique (dans le derme, la couche interne de la peau)

EB dystrofique

dominante

COL7A1

collagène type VII

 

 

récessive

COL7A1

collagène type VII

En lire plus sur les sous-types

2. Classification des autres maladies avec fragilité cutanée

Le dernier rapport de consensus introduit le concept des " maladies génétiques avec fragilité cutanée ", dont l'EB classique est le prototype.

Les autres maladies à fragilité cutanée, sont distinguées et classées en catégories desquamatives, érosives, hyperkératosiques ou du tissu conjonctif. Toutefois il serait logique que ces affections "apparentées à l'EB" soient regroupées avec l'EB au moins en termes de soins médicaux et de conséquences socio-économiques.

Niveau du décollement de la peau

Dénomination

Transmission héréditaire

Gènes mutés

 

Protéines concernées

Intra-epidérmique

desquamatives

récessive

TGM5, CSTA, CTSTA, CTSB, SERPINB8, FLG2, CDSN, CAST, DSG1b, SPINKS

Transglutaminase 5, Cystatine A, Cathepsine B, Serpine protease inhibitor 8, Filaggrine 2, Corneodesmosine, Calpastatine, Desmogleine 1, LEKT1

Intra-épidermique

érosives

récessive

DSP, JUP, PKP1, DSC3, DSG3 

Desmoplakine, Plakoglobine, Plakophiline 1, Desmocoline 3, Desmogleine 3

Intra-épidermique

hyperkératosiques: ichtyoses kératinopatiques

dominante

KRT1, KRT10, KRT2

Kératine 1, 10, 2

 

 

récessive

KRT10

Kératine 10

Intra-épidermique

hyperkératosiques (ongles):

Pachyonychie congenitale

dominante

KRT6A, KRT6B, KRT6C, KRT16, KRT17

Kératine 6A, 6B, 6C, 16, 17

Dermique

Maladie syndromale du tissu conjontif avec fragilité cutanée

recessive

PLOD3 

Lysyl hydroxylase 3

 

Un peu d’histoire et les sources

Les premiers gènes codant pour des protéines cutanées défectueuses dans l'EB ont été découverts au début des années 1990. Vingt gènes sont maintenant connus dans lesquels diverses mutations associées à l’EB ont été identifiées.  Il existe en outre d'autres gènes "modificateurs", c'est-à-dire des gènes qui influencent la gravité des symptômes. Tous ces gènes représentent des cibles potentielles pour la thérapie, le soulagement des symptômes et le diagnostic. Cependant, il faut signaler que pour de nombreuses personnes présentant des symptômes semblables à l'EB on n'a pas trouvé de mutations au sein des gènes habituellement associés à l’EB.

Les membres d'EB-ResNet révisent régulièrement la classification des EB en se basant sur des connaissances approfondies cliniques et moléculaires. Les résultats de la réunion de consensus de 2019 ont été publiés le 4 février 2020 : Has, C et al.:  Consensus reclassification of inherited epidermolysis bullosa and other disorders with skin fragility. The British Journal of Dermatology, 10.1111/bjd.18921. 4 feb. 2020, doi:10.1111/bjd.18921:

EB research network  https://www.eb-researchnetwork.org/research/what-is-eb/ 

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Brochure "Des plaies ouvertes à vie"

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