Voici à quoi ressemble la vie avec l'EB

Comment devenir dermatologue ? Entretien avec le dr. Celine De Krock

Encore une autre personne en blouse blanche ?

Celine De Krock a obtenu une master en médecine en 2019. Le 1er octobre, elle a commencé à travailler comme spécialiste en formation pour devenir dermatologue.

Celine est présente sur quelques photos qui ont été prises lors de la séance photos que nous avons réalisée pour notre revue d'anniversaire (2019) et j’ai également eu la chance de la rencontrer quelque temps plus tard lors d'une présentation au Rotaract de Leuven organisée dans le cadre d'une action caritative pour "De Warmste Week" (La semaine la plus chaude).

J'avais remarqué que de nombreuses personnes ne savaient pas exactement comment se déroulait la formation d'un dermatologue et en quoi consistait exactement le travail d'un "assistant". Pour les patients, il est bizarre, voire parfois ennuyeux, de voir débarquer encore une autre personne en blouse blanche. J'ai décidé d'interviewer Céline pour en savoir davantage.

Où en êtes-vous dans votre formation ?

L'année dernière, j'ai décroché mon master en médecine. Cette formation a duré six années en tout.

A la fin de mon master, j’ai posé ma candidature pour une spécialisation en dermatologie. Il y avait cinq places disponibles. J'ai travaillé comme co-assistante pendant quelques mois et j'ai ensuite pu entamer ma formation continue (= spécialisation) qui aura une durée totale de cinq ans.

Je suis actuellement en première année de spécialisation et depuis le 1er octobre 2019, je travaille pour l’Hôpital universitaire de Leuven. 

Certaines personnes confondent un stagiaire avec un assistant. Pouvez-vous expliquer la différence entre ces deux fonctions ?

Je comprends que pour les patients, il n’est pas toujours facile de comprendre pourquoi autant de "blouses blanches" sont présentes lors d'une consultation.

Lors de mon master, j'ai effectué plusieurs stages pour me familiariser avec les différents domaines de spécialisation. Maintenant, je suis médecin "de base" et je travaille toujours sous le contrôle d'un superviseur. Je veille à expliquer clairement aux gens qui je suis et à leur faire savoir que je travaille sous le contrôle d’un superviseur. Parfois, cela peut donner lieu à des situations cocasses. Ainsi, il m’est déjà arrivé qu’un patient me demande après une conversation : « Et le médecin, il arrive quand ? ». Alors, je lui réponds : « Euh, mais c’est moi le médecin ! ».

Il est important de savoir que la formation de spécialistes fait partie des missions d'un hôpital universitaire. La présence d'assistants à l'heure de consultation de l'EB est également dans l'intérêt du patient, car il faut savoir que les assistants d'aujourd'hui seront dans quelques années les spécialistes qui les traiteront.

Comment le travail des assistants est-il organisé ? Travaillez-vous toujours avec le même superviseur ?

Il est important que nous entrions en contact avec tous les aspects de la dermatologie. Il existe différents schémas de rotation : médecin de salle, consultation générale, soins des plaies, laser, extra-muros, etc. Nous assistons différents superviseurs.

Outre la dermatologie générale, ils ont chacun leur propre "spécialité". Pour le Dr Ifigenia Spanoudi, cette spécialité est la dermatologie pédiatrique, tandis que le Prof. Dr Maria Garmyn s’occupe des tumeurs cutanées, le Prof. Dr An Van Laethem de la thérapie laser et de la dermatochirurgie, le Prof. Dr Petra De Haes des maladies systémiques et des maladies des muqueuses, le Dr Tom Hillary du psoriasis, le Dr Francisca Castelijn de l'eczéma et des pathologies vulvaires et le Dr Sara Huygens des pathologies capillaires. (https://www.uzleuven.be/nl/dermatologie/specialisten-dermatologie)

Citons également la consultation générale de dermatologie où tous les superviseurs supervisent ensemble les assistants.

22 assistants travaillent actuellement en dermatologie. Il est donc tout à fait normal que d'autres assistants soient présents lors de la consultation de l’EB.

Quand, comment et pourquoi avez-vous choisi la dermatologie ?

J’ai fait ce choix assez tôt et c’était un choix tout à fait naturel. Je n’ai pas dû réfléchir longtemps. Je faisais déjà des stages complémentaires sur base volontaire lors de mon master. Et j’ai vite senti que la dermatologie me plaisait vraiment et qu’elle me permettait de me sentir heureuse dans mon travail.

Quelle est votre expérience par rapport à l’EB ? Pensez-vous pouvoir ou vouloir devenir un jour une vraie spécialiste en matière d’EB ?

L'EB est une maladie très difficile et les soins sont également très complexes. Parfois, nous nous sentons impuissants.

Par contre, c’est vraiment merveilleux que cette équipe multidisciplinaire existe et j'espère encore avoir la chance de participer à la consultation multidisciplinaire, car les différents intervenants y ont la possibilité d’avoir de longues discussions, de se concerter avec les autres collègues de l'équipe tels que les infirmières, le dentiste, le nutritionniste, le psychologue, etc. dans le but d’aboutir ensemble à la meilleure solution possible et d’établir un plan de traitement approprié.

Merci Celine. Ce fut un entretien très instructif et agréable. Mais cela n’a rien d’étonnant quand on a affaire à une future dermatologue aussi épanouie que vous !

Consultation EB, UZ Leuven, le 11 février 2020

 

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Brochure "Des plaies ouvertes à vie"

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